Revue de presse

ESCP : l’Expographie MMF au cœur des campus européens

De Paris à Berlin, ESCP raconte comment l’Expographie de Mots et Maux de Femmes aide les étudiants à comprendre et prévenir les violences sexistes.

Illustration éditoriale MMF.

Sur un campus, les messages de prévention rivalisent avec le rythme des cours et finissent parfois par se fondre dans le décor. Une exposition change la rencontre : elle arrête le regard, ouvre une conversation, puis peut laisser un repère utile. Le 10 décembre 2025, ESCP Business School a raconté comment l’Expographie itinérante de Mots et Maux de Femmes avait trouvé sa place dans cette vie quotidienne, de Paris à Berlin.

Le passage consacré à MMF clôt un échange entre Aurélie Dumond, responsable fédérale Inclusion & Diversity d’ESCP, et Ariane Bailet et Antonin Rousseau, deux étudiants membres de l’association Tribunes. Leur conversation porte plus largement sur la manière dont une école peut créer des espaces pour comprendre les violences sexistes et sexuelles, parler du consentement et ne pas rester passif face à une situation problématique.

Quand la prévention entre dans le quotidien

Un musée se visite à un moment choisi. Un campus, lui, se traverse tous les jours. Cette différence compte. Entre deux cours, une image peut susciter une question inattendue ; un échange entre camarades peut prolonger ce premier arrêt ; une ressource aperçue sur un panneau peut être retrouvée plus tard, pour soi ou pour quelqu’un d’autre.

ESCP explique que l’exposition avait pour objectif de sensibiliser et d’éduquer les étudiants aux violences sexistes et sexuelles ainsi qu’au harcèlement. Installés dans un lieu familier, ces sujets ne sont plus réservés à une conférence exceptionnelle ou à un public déjà convaincu. Ils entrent dans un espace partagé, où chacun peut les rencontrer à son rythme.

Ne pas laisser l’émotion sans réponse

Une exposition sur les violences peut interpeller fortement. Sa responsabilité est aussi d’éviter l’impasse : que faire de ce que l’on vient de voir ? L’Expographie MMF associe une trentaine de compositions photographiques à des contenus pédagogiques et à des outils pour comprendre l’emprise, le cycle des violences, les cyberviolences et les ressources existantes.

Dans une première présentation publiée en mars 2025, ESCP insistait déjà sur cette articulation entre des photographies qui provoquent une réaction et des repères concrets, notamment un questionnaire sur les cyberviolences et des contacts d’urgence. C’est ce passage de l’émotion à l’action qui distingue un outil de prévention d’une simple campagne visuelle.

Un même message dans plusieurs villes

Au 10 décembre 2025, ESCP retraçait un parcours passé par Paris, Madrid en mai, Londres en octobre et Berlin en novembre. Turin était alors annoncée comme la dernière étape. L’établissement documente ainsi une circulation européenne de l’Expographie, sans prétendre que chaque campus la reçoit de la même manière.

Ce déplacement est précisément intéressant. Le consentement, le harcèlement et les violences ne s’arrêtent pas à une frontière, mais les mots, les habitudes et les portes d’entrée vers l’aide varient. Faire voyager l’exposition, c’est créer une base commune tout en laissant chaque communauté universitaire ouvrir sa propre conversation.

Former l’attention autant que les connaissances

L’intérêt de l’entretien d’ESCP tient aussi aux voix étudiantes. Ariane Bailet et Antonin Rousseau relient l’engagement à des gestes ordinaires : rester informé, adopter des comportements respectueux, être attentif aux autres et réagir lorsque l’on est témoin d’une situation inquiétante. L’Expographie donne une forme concrète à cette vigilance, sans demander à chacun de devenir spécialiste.

Les étudiants d’aujourd’hui seront aussi les collègues, responsables et décideurs de demain. Apprendre à ne pas banaliser un signal, à accueillir une parole sans juger et à connaître une ressource fiable prépare donc également des environnements professionnels plus sûrs.

Ce qui reste après le dernier panneau

  • des mots pour reconnaître le consentement absent, le harcèlement ou une cyberviolence ;
  • la capacité d’ouvrir une conversation sans interroger ni culpabiliser ;
  • un contact vérifié à conserver et à transmettre au bon moment ;
  • le réflexe d’orienter sans décider à la place de la personne concernée.

Si une personne se reconnaît dans une situation présentée, l’exposition doit pouvoir conduire vers une porte réelle. La plateforme internationale de MMF permet de demander une écoute et une orientation. Au-delà du nombre de visiteurs, l’un des effets les plus utiles d’une campagne tient peut-être à cette question simple : après l’avoir vue, sait-on vers qui se tourner ?

En donnant la parole aux étudiants et en retraçant le parcours de l’exposition, ESCP montre comment un dispositif associatif devient un support de discussion dans la vie d’une école. Nous remercions l’établissement d’avoir rendu visible cette dimension européenne et pédagogique de l’action de Mots et Maux de Femmes.

Besoin d’aide ?

La plateforme MMF est joignable au +33 7 61 01 70 01, également sur WhatsApp. En cas de danger immédiat, contactez les services d’urgence du lieu où vous vous trouvez.


Source principale : ESCP Business School, « #2 How Tribunes, an ESCP student association, creates a space for students to learn, question, and commit to change », entretien publié le 10 décembre 2025. Contexte et outils : ESCP Business School, « Women’s Rights: progress, challenges, and the role of education », publié le 10 mars 2025, et page Expographie de MMF.

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