Revue de presse

impact.info : l’approche systémique de MMF

Sur impact.info, Stéphane Carchon-Veyrier montre comment Mots et Maux de Femmes relie prévention, protection et reconstruction après les violences.

Illustration éditoriale MMF.

Une situation de violence ne se résume jamais à un seul besoin. Le 19 avril 2025, impact.info a donné la parole à Stéphane Carchon-Veyrier, secrétaire général de Mots et Maux de Femmes. L’entretien permet surtout de comprendre une idée centrale : une réponse utile relie prévention, protection, reconstruction et coopération.

Réalisé par la journaliste Florence Jaillet, ce format audio de 10 minutes et 43 secondes part d’une question simple : pourquoi agir contre les violences à tous les niveaux et partout dans le monde ? Les actions de MMF sont souvent découvertes séparément, au fil d’une campagne, d’une formation ou d’un dispositif d’aide. L’interview donne à entendre le fil qui les unit.

Voir le parcours, pas seulement l’urgence

Une personne confrontée à des violences peut avoir besoin d’être écoutée, protégée, informée sur ses droits, accompagnée dans ses démarches ou aidée à retrouver une stabilité. Ces besoins ne surgissent pas toujours dans le même ordre. C’est le sens de l’approche systémique de Mots et Maux de Femmes : regarder le parcours dans son ensemble, sans réduire la réponse à un moment unique.

L’enjeu n’est donc pas de multiplier les dispositifs pour eux-mêmes. Il consiste à éviter les ruptures entre eux. Une sensibilisation doit pouvoir conduire vers une ressource fiable ; une première écoute vers le bon interlocuteur ; une mise en sécurité vers un accompagnement qui ne s’interrompt pas une fois l’urgence passée.

Avant : rendre les violences identifiables

La prévention commence bien avant une demande d’aide. Elle donne des mots pour reconnaître les mécanismes de violence, comprendre leurs conséquences et savoir comment réagir en tant que victime, proche, témoin ou professionnel. C’est le rôle de l’Expographie MMF et des outils de sensibilisation évoqués dans l’entretien.

Stéphane Carchon-Veyrier présente également un pack destiné aux entreprises. Faire entrer ces sujets dans le monde du travail permet de mieux repérer les signaux, d’accueillir une parole avec justesse et d’orienter sans improviser. La prévention devient alors une compétence partagée, et non un message oublié après une campagne.

Pendant : écouter sans confisquer la décision

Lorsqu’une personne sollicite de l’aide, la qualité du premier accueil compte. La plateforme internationale de MMF s’appuie sur une équipe sociale, juridique et thérapeutique, ainsi que sur des partenaires et des pairs aidants. Elle accueille la parole, évalue la situation et construit une orientation à partir des souhaits de la personne concernée.

Cette précision change tout : accompagner ne signifie pas décider à la place de la victime. Cela signifie rendre les options compréhensibles, identifier les ressources disponibles et maintenir un lien assez solide pour que la personne ne soit pas renvoyée seule d’un service à l’autre.

Après : empêcher que l’aide s’arrête trop tôt

Dans l’entretien, Stéphane Carchon-Veyrier associe cette approche à la reconstruction physique et psychologique, mais aussi au relogement. Ces dimensions rappellent qu’une sortie de violence ne se confond pas avec un retour immédiat à la normale. Retrouver de la sécurité, des repères et une autonomie demande du temps, des compétences différentes et une continuité réelle.

Le plaidoyer complète ce travail de terrain. En portant des propositions et en rendant visibles les obstacles rencontrés, MMF cherche aussi à agir sur le cadre dans lequel les victimes demandent de l’aide. Prévenir, protéger et reconstruire ne sont plus trois sujets voisins : ce sont trois temps d’un même engagement.

Coopérer plutôt que travailler en silos

Aucune structure ne peut répondre seule à toutes les dimensions d’une situation de violence. impact.info insiste sur le travail mené avec d’autres associations et cite des outils existants, comme MonSherif et THE SORORITY, que MMF contribue à faire connaître. Dans l’audio, Stéphane Carchon-Veyrier compare d’ailleurs son rôle à celui d’un « chef d’orchestre » : veiller à ce que les projets avancent ensemble sans effacer les compétences de chacun.

Au moment de l’entretien, l’association indiquait aussi s’appuyer sur un réseau de 1 500 marraines dans le monde. Juristes, avocates, comédiennes ou cheffes d’entreprise y apportent des expériences différentes. Ce réseau de marraines, complété par les partenariats de MMF, donne une forme humaine à l’approche systémique : savoir qui mobiliser, où orienter et comment transmettre.

Ce que dix minutes d’entretien rendent visible

Le mérite de l’échange proposé par impact.info est de commencer par le « pourquoi », plutôt que par une liste de projets. Ce choix éditorial rend l’action de MMF plus lisible. Pour une personne qui cherche de l’aide, il montre qu’un premier contact peut ouvrir plusieurs chemins. Pour un professionnel ou un partenaire, il indique où sa compétence peut s’inscrire.

Nous remercions impact.info et Florence Jaillet d’avoir consacré ce temps à la cohérence qui se trouve derrière les actions. La lutte contre les violences avance aussi lorsque les médias permettent au public de comprendre non seulement ce qui est fait, mais pourquoi les réponses doivent rester reliées.

Besoin d’aide ?

La plateforme MMF est joignable au +33 7 61 01 70 01, également sur WhatsApp. En cas de danger immédiat, contactez les services d’urgence du lieu où vous vous trouvez.


Source : impact.info, « Pourquoi faut-il s’attaquer aux violences à tous les niveaux et partout dans le monde ? », entretien de Stéphane Carchon-Veyrier réalisé par Florence Jaillet et publié le 19 avril 2025.

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