Le projet Mots et « maux de femmes » est un projet « expographique » élaboré par le collectif du même nom pour dénoncer les violences faites aux femmes. La finalité de ce projet est une exposition présentant des photographies et des textes écrits à la fois par des célébrités et des victimes, sans que les textes ne corroborent, ne soulignent ni ne traduisent forcément l’image et vice-versa.

Nous ne voulons pas nous inscrire dans l’esprit des campagnes qui sont menées par les pouvoirs publics. Nous avons choisi de nous nommer « Mots et maux de femmes ». Qui mieux que les femmes elles-mêmes pour mettre leurs maux en mots. Nous voulons être un « porte-voix » en donnant la parole à des femmes victimes ou engagées, célèbres ou anonymes, et associer à la démarche des photographes hommes ou femmes. Les hommes n’ont pas à parler à la place des femmes, néanmoins ils doivent se positionner et nous leur proposons de le faire par le truchement de la photographie.

Nous avons conscience que certaines approches du collectif interpelleront peut-être lors de la présentation de l’exposition mais nous n’avons pas peur de gêner car en effet les violences physiques, morales, administratives, sexuelles, etc. doivent enfin déranger suffisamment pour permettre des prises de conscience, des actions, des protections.

Le projet se déroulera en quatre étapes. Une première phase de recherche, dans laquelle nous serons attentifs au cheminement de notre idée initiale. Ainsi, notre approche et notre réflexion photographique sont différentes et s’articulent autour du cycle de la violence généralement décrit en quatre phases : le climat de tension, l’explosion de la violence, les justifications et la lune de miel. La seconde phase sera celle des prises de vue. Lorsqu’elles font partie d’un projet, les photographies prennent une nouvelle dimension. Le format et l’enjeu du projet exigent et permettent de donner plus d’ampleur à ce que nous voulons dire ou faire comprendre. La troisième phase concernera le traitement des photographies. Enfin, la dernière phase sera celle où nous définirons le mode de présentation choisi et les canaux de diffusion. Etape essentielle pour clarifier le message et construire l’identité du projet. Il n’est pas seulement important de savoir en quoi consiste notre projet pour nous, il faut également d’essayer de comprendre les conséquences et les implications que le sujet que nous traitons a pour les autres.

Nous voulons oser une démarche artistique pour dénoncer autrement. Nous ne cherchons pas à verser dans le pathétique. Nous avons donné carte blanche aux photographes pour livrer leur vision des maltraitances subies par les femmes. Nous avons délibérément choisi de ne pas faire appel à un seul photographe car nous voulons pouvoir toucher des sensibilités différentes. Les photographies seront ainsi réalisées par une douzaine d’équipes issues de toutes nos régions. Les prises de vue se veulent provocantes mais en aucune sorte vulgaires. Notre but n’étant pas seulement de choquer ou de scandaliser mais de mettre à la portée du grand public cette notion de cycle qui explique bien souvent la difficulté des femmes à quitter leur agresseur.

Nous avons sollicité plusieurs personnalités féminines, nos marraines, pour nous écrire un texte sur la violence et avons recueilli des témoignages de victimes. L’ensemble (photos et textes) constituera une œuvre artistique au style cohérent et dont l’intention narrative sera claire.

L’exposition sera déployée dans de nombreuses villes en France le 25 novembre 2021, date de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, et pendant les seize jours d’activisme d’Orangetheworld.

Plus qu’un rêve ambitieux, c’est un réel projet engagé…

et au-delà du rêve, un projet porté et soutenu par plusieurs.

Walt Disney disait :

« la différence entre un rêve et un projet, c’est une date »…

et cette date, nous la connaissons !

Alors donnons-nous rendez-vous le 25 novembre 2021.